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Méthanisation

19 avril 2020

Programme d’installation de 5 méthaniseurs pilotes.

Durant la période 2019-2021, CUMA Bénin développe un  programme d’installation de méthaniseurs souples sur 5 sites, afin de favoriser l’accès à l’autonomie énergétique.

Cette opération est soutenue par l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), en partenariat avec le Fonds de dotation Valorem, financeur de l’opération et Sistema.bio, fournisseur de l’équipement.

Créée en février 2010, l’AAMF a pour vocation d’être au service des agriculteurs, exploitants d’installations de méthanisation. Elle compte, à ce jour, 300 adhérents. Son objectif est d’accompagner les porteurs de projets, de les former, puis de soutenir les unités en fonctionnement. Pour atteindre ses buts, elle a mis en place une charte, appuyée de rencontres organisées, tout au long de l’année, au travers de tout l’Hexagone.

Le groupe Valorem, qui contribue financièrement à ce projet, est basé à Bègles et compte 200 collaborateurs qui interviennent sur différentes spécialisations: la méthanisation donc, mais aussi l’éolien, le photovoltaïque, les énergies marines et plus généralement l’optimisation des réseaux électriques par énergies renouvelables.

VALOREM est certifiée ISO 9001:2015 et ISO 14001:2015 pour les activités suivantes : prospection, études, développement, achats, financement, construction, vente et exploitation de projets et de centrales de production d’énergies renouvelables.

Valorem participe à cette action dans le cadre du programme de son fonds de dotation Watt for change.

Le matériel utilisé est fabriqué par la société mexicaine Sistema.bio, spécialiste dans la conception de biodigesteurs destinés à la production du Biogaz. Travaillant à l’échelle mondiale, Sistema.bio a déjà installé plus de 7 000 biodigesteurs, qui permettent à plus de 42 000 personnes de produire de l’énergie propre et renouvelable. Grâce à ce système, 33 833 098 m³ de biogaz est produit annuellement, permettant de sauver 1 503 257 arbres. Le système s’adapte à tous les environnements et permet de produire du Biogaz, mais aussi du Biol, un engrais organique liquide.

Dans le cadre de cette opération, 5 méthaniseurs seront installés, chacun parrainé par un agriculteur français.

 

Les réalisations

  1. Chez Moumouni

Moumouni a besoin de gaz sur son exploitation. Le méthaniseur sera placé à proximité de son habitation, près de laquelle séjournent régulièrement 20 ouvriers.

Sur cette exploitation, 30 bœufs sont à l’attache, à 1 km de l’habitation. Pour collecter les bouses, Moumouni dispose d’un  tricycle. A noter que ces bouses sont souillées par de la terre. Il faut donc prévoir un système de décantation efficace.

L’installation sera complétée par la création d’un potager accolé au méthaniseur. Ce potager permettra de valoriser le digestat (résidu du processus de méthanisation).

C’est le fils de Moumouni qui sera responsable du méthaniseur.

  1. Chez Etienne

Etienne ne dispose pas d’élevage, mais il souhaite tout de même s’équiper d’un méthaniseur, afin d’approvisionner en gaz son habitation, ainsi que celle de son frère. Les deux maisons nécessitent un double équipement de cuisson (cuisinières + brûleurs). L’approvisionnement se fera au moyen de bouses de vaches (65 kg/jour) fournies par les voisins. C’est le frère d’Etienne qui sera responsable du site.

L’installation du méthaniseur implique une modification des lieux, avec l’effacement d’un bâtiment peu utilisé et le déplacement du potager.  Le digestat sera utilisé sur les terres agricoles environnantes.

 

  1. Chez Florence

Florence tient un  restaurant où elle sert une centaine de repas quotidiennement. Elle achète pour 2 100 francs CFA de bois par jour. Un montant fluctuant à la hausse, puisque le prix augmente chaque année. Par ailleurs, la cuisine au bois dégage des fumées nocives. L’installation d’un méthaniseur aurait donc un double intérêt, à la fois économique et sanitaire.

Une contrainte technique existe néanmoins, du fait du peu d’espace disponible sur le site. Nous prévoyons donc une installation hors sol, avec rejet du digestat à 15 mètres, au sein d’une fosse maçonnée.

Florence ne dispose pas d’animaux, mais Tevy Folly, en charge du projet, élève des volailles et des porcs, dont les déjections pourront s’ajouter à l’achat de bouses ensachées cédées par des Peulhs, moyennant 500 francs CFA pour 50 kg.  Nous conseillons d’utiliser l’huile de friture usagée pour alimenter le digesteur.

 

  1. Dékandji, au village « Tapioca »

Du côté du village « Tapioca », c’est un projet d’installation de deux méthaniseurs qui est mené. Dans ce village, il y a une réelle dynamique de travail en commun, avec plusieurs coopératives de femmes structurées autour de la transformation du manioc en tapioca. Une transformation qui nécessite une longue cuisson, obligeant les femmes à passer des journées entières dans les fumées des brasiers.

Contrairement aux autres projets, les femmes ne disposent pas de troupeaux de bovins qui fourniraient la matière première pour les méthaniseurs. Il leur faudra donc acheter les bouses à un voisin. 20 kg par jour seront nécessaires. Le reste de la ration sera constitué de tourteaux de manioc issus du processus de fabrication du tapioca.

Ces installations nécessiteront la mise en place d’un système de prétraitement des déchets, l’hydrolyse. Le principe est simple : la veille de l’incorporation, les déchets sont mélangés dans un bac spécifique avec de l’eau et du digestat. Ainsi, ils sont humidifiés et acidifiés, favorisant une stabilité biologique au niveau du digesteur et une production plus importante de gaz. En général, un kilogramme de déchets organiques produit 3 fois plus de biogaz qu’un kilogramme de bouse.